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Le temps d'édition s'impose comme mesure de référence

Mesurer combien de temps un professionnel met à porter un segment machine au niveau requis révèle des gains de productivité très inférieurs à ceux qu'annoncent les scores de fluidité.

L’argument central tient en une phrase : la fluidité apparente a cessé d’être un indicateur de fiabilité. Les sorties actuelles se lisent sans accroc dans la plupart des combinaisons courantes, y compris quand elles contiennent un contresens, une omission ou un terme faux dans le contexte visé.

Le temps d’édition mesure autre chose : ce que coûte réellement l’amenée du texte au niveau requis. Il capture ce que les scores automatiques ignorent — la recherche terminologique, la vérification de correspondance, les allers-retours sur les passages ambigus.

Deux conséquences pratiques en découlent.

La première concerne l’évaluation des moteurs : comparer deux systèmes sur un score automatique et les comparer sur un temps d’édition mesuré ne donne pas le même classement, et c’est le second qui prédit la facture.

La seconde concerne la tarification de la post-édition. La décote appliquée par défaut suppose une qualité machine constante. Elle ne l’est pas : elle varie selon la combinaison, le domaine, la propreté du fichier source et l’état du glossaire. Mesurer l’effort sur un échantillon avant de fixer un tarif reste la pratique défendable, et reste minoritaire.