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Agence Traduction SuisseComprendre la traduction et l’IA

Pilier 6

Qualité, normes et conformité

ISO 17100, ISO 18587, MQM, métriques automatiques, protection des données, réglementation européenne sur l'IA : ce que chaque référentiel garantit réellement, et ce qu'il ne garantit pas malgré ce qu'en dit le marketing.

Ce qu’une norme dit, et ce qu’elle ne dit pas

Le secteur de la traduction affiche beaucoup de sigles. Ils apparaissent en pied de page, dans les appels d’offres, sur les plaquettes — et ils sont massivement présentés comme des garanties de qualité. Ils n’en sont pas.

Les normes ISO du domaine certifient des processus. Elles disent qu’un prestataire a documenté sa méthode, qualifié ses intervenants, prévu une étape de révision et un traitement des réclamations. C’est utile : cela distingue une organisation d’une improvisation. Mais aucune n’inspecte les traductions livrées, et aucune n’engage sur le résultat d’un projet donné.

Cette distinction n’est pas un détail juridique. Elle change la façon dont on lit une réponse à un appel d’offres.

Le paysage normatif en 2026

ISO 17100 encadre les services de traduction assurés par des humains. Son exigence la plus structurante est la révision par une seconde personne, distincte du traducteur. Sa révision est attendue vers 2029 et devrait absorber ISO 18587 pour donner une norme unique couvrant les flux humains, machine et hybrides.

ISO 18587 encadre la post-édition de traduction automatique. Sa révision, attendue fin 2026, marque un tournant : son périmètre s’élargit explicitement aux sorties non humaines, y compris celles des modèles de langue, et cesse de supposer une post-édition complète. Elle reconnaît ainsi ce que la pratique fait déjà — un traducteur qui alterne, dans le même document, entre segments issus de mémoire, propositions machine et rédaction directe.

ISO 5060 porte sur l’évaluation de la qualité des traductions, ISO 11669 sur la spécification des projets, ISO/IEC 42001 sur les systèmes de management de l’IA. Cette dernière n’est pas propre à la traduction, mais elle devient l’interlocutrice naturelle des directions juridiques dès qu’un moteur entre dans une chaîne documentaire sensible.

Mesurer la qualité : trois familles, trois usages

Les métriques automatiques — BLEU, chrF, COMET — comparent une sortie machine à une référence. Elles sont utiles pour comparer deux systèmes sur un même corpus, inutiles pour juger une traduction isolée, et systématiquement surinterprétées dans les argumentaires commerciaux.

Les typologies d’erreurs, dont MQM est la référence, décrivent et pondèrent les défauts constatés : exactitude, fluidité, terminologie, style, conventions locales. C’est le seul cadre qui permet une discussion précise entre un client et un prestataire, parce qu’il remplace « c’est mauvais » par un décompte.

Les mesures d’effort, dont le temps d’édition, capturent ce que la qualité coûte réellement à corriger. Ce sont celles qui alignent le mieux l’évaluation linguistique et la décision économique.

Conformité : ce qui s’applique en Suisse

La Suisse n’applique pas le règlement européen sur l’IA. Elle applique la nLPD révisée, dont les exigences en matière de sous-traitance et de transferts internationaux concernent directement tout envoi de contenu vers un moteur hébergé à l’étranger. Une entreprise suisse qui exporte se retrouve en pratique tenue par les deux cadres.

Les pages de ce pilier détaillent chacun de ces référentiels, ce qu’il faut vérifier avant de s’y fier, et où lire le texte original plutôt qu’un résumé commercial.

Articles en préparation

Cette section est en cours d’écriture. Les premiers articles paraîtront dans les prochaines semaines — la newsletter vous préviendra.

Questions fréquentes

Une certification ISO garantit-elle la qualité d'une traduction ?

Non. Les normes du secteur certifient des processus, pas des textes. ISO 17100 atteste qu'un prestataire a documenté ses procédures, qualifié ses intervenants et prévu une révision par un tiers. Elle n'atteste pas que la traduction que vous recevrez sera bonne. C'est une garantie de méthode, utile mais souvent présentée comme une garantie de résultat, ce qu'elle n'est pas.

Quelle est la différence entre ISO 17100 et ISO 18587 ?

ISO 17100 encadre les services de traduction humaine, avec l'exigence d'une révision par une seconde personne. ISO 18587 encadre la post-édition de traduction automatique : compétences du post-éditeur, niveaux de post-édition, exigences de résultat. La révision d'ISO 18587 attendue fin 2026 élargit son périmètre aux sorties de modèles de langue et aux flux hybrides.

Le règlement européen sur l'IA s'applique-t-il à la traduction ?

Indirectement dans la plupart des cas. La traduction n'est pas en soi un usage à haut risque, mais elle le devient selon le contexte — documents utilisés dans une procédure judiciaire, une décision administrative ou un dispositif médical. Les obligations de transparence sur l'usage de systèmes d'IA concernent en revanche un périmètre bien plus large. La Suisse n'est pas liée par ce règlement, mais les entreprises suisses exportatrices le sont dès qu'elles s'adressent au marché européen.

Sources

  1. NormeLatest News on ISO 17100 & 18587EUATC — European Union of Associations of Translation Companiesavril 2026
  2. NormeISO 18587 — Post-editing of Machine Translation Output: EvolvingATC / EUATCmars 2026
  3. PresseThe EU AI Act and Translation TechnologyTranslated

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